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HISTOIRE GEOGRAPHIE CITOYENNETE

Arno Breker, Le Garde, 1940, parcours artistique

24 Avril 2016, 17:55pm

Publié par Aziz Sadki

Parcours artistique : ​Le Garde d'Arno Breker, 1940

Parcours retenu : le métissage

Thématique : Arts du visuel

Repère historique : Arts, États et pouvoir

Problématique : En quoi ​Le Garde d’Arno Breker illustre-t-il la doctrine nazie et le refus du métissage ?

Titre : ​Le Garde

Auteur : Arno BREKER est un sculpteur allemand (1900-1991). Il étudie les Beaux-arts, puis se forme à la sculpture antique à Paris et à Rome, dans le cadre du mouvement du néoclassicisme (mouvement qui imite ou renouvelle l’art classique gréco-romain et l’art de la Renaissance). Rentré en Allemagne en 1934, il devient le sculpteur préféré d’Hitler, le sculpteur officiel du IIIe Reich. Il bénéficie des grands moyens financiers de l’État nazi avec pour objectif de décorer la capitale, Berlin qui devait être transformée en Germania, une capitale pour mille ans de règne.

Maquette de Germania, 1939, conservée au Deutsches Bundesarchiv

Présentation de l’œuvre

​Nature de l’œuvre : Il s’agit de l’esquisse en plâtre d’une sculpture géante en bas-relief (exécutée sur un mur, en marquant faiblement le relief) qui n’a jamais été réalisée. C’est une œuvre de commande officielle par l’État nazi. La plus grande partie de ses œuvres d’Arno Breker, mêmes les esquisses, sont détruites en 1945.

​Date : 1940

23 juin 1940 : Hitler au centre et Arno Breker à droite, à Paris. La photo symbolise la victoire de l’Allemagne nazie et la défaite de la France, à l'issue de la campagne de France.

Le contexte historique

Cette œuvre a été réalisée pendant... Le nazisme est au pouvoir en Allemagne depuis 1933, dans le cadre du IIIe Reich depuis l’année suivante. On est au début de la Deuxième Guerre Mondiale : l’Allemagne nazie s’est lancée à la conquête de l’Europe et multiplie les grandes victoires militaires. C’est une phase d’optimisme et de triomphe pour les nazis.

Ž​Décrire l’œuvre

Cette œuvre parle de / met en scène / illustre... Un guerrier germanique est en train de dégainer son arme et de partir au combat. Il est représenté totalement nu, avec une forte musculature, ainsi qu’un géant, le visage émacié et anguleux, le front haut, le nez droit (à la grecque), fronçant des sourcils aigus, le menton pointu en avant, les cheveux huilés en arrière. Les bras et surtout les jambes paraissent démesurés par rapport au reste du corps, tels que la tête et les parties génitales (ce dernier élément est un leitmotiv de l’époque classique grecque). Sa cape vole au vent, comme un prolongement de sa chevelure. Il porte un glaive qu’il est en train de sortir de son fourreau. Son genou droit est plié et s’appuie sur le piédestal de la statue, avec une autre cape et un bouclier au pied.

Analyse en fonction de la thématique

Cette œuvre illustre bien la problématique...

Tout d'abord + premier argument développé + référence précise à l'œuvre. Cette œuvre se remarque par ses nombreuses références à l’antique, à l’idéal du beau grec, à la sculpture gréco-romaine : le nu, la précision anatomique, le classicisme, reconnaissance à la symétrie et à l’apparente proportion et harmonie des formes. L’ensemble est structuré par des formes géométriques régulières : le V formé par la tête, le buste, les bras, la jambe droite, le pied gauche, le V très effilé du glaive... V d’ensemble du genou à la cape et à l’autre pied ; le cercle du bouclier (hoplon en grec). Une telle facture s’inspire également beaucoup de la sculpture romaine, notamment dans les sculptures géantes de combattants gaulois. L’art officiel nazi prolonge à sa manière le néoclassicisme qui s’est emparé d’une grande partie de l’Europe ou de l’Occident, en particulier du monde germanique au XIXe siècle. Il prolonge, à sa manière aussi, la sculpture de la Renaissance, notamment les sculptures puissantes de Michel-Ange.

Ensuite + deuxième argument développé + référence précise à l'œuvre. Cette œuvre est caractéristique de l’art fasciste, de l’art totalitaire, sous la déclinaison d’art officiel nazi. Œuvre de commande, œuvre de propagande : l’art sert à magnifier le régime nazi et à assurer sa domination. Il repose sur l’idée de la supériorité de la « race germanique », placée au sommet du groupe des « Aryens », qui cumulent les qualités et ont vocation à dominer le monde. L’ancienne mythologie germanique est ici remaniée dans le sens du nazisme. À l’inverse, les « races inférieures » ont vocation à être dominées, à servir d’esclaves (les « Slaves », les « Nègres ») ou à disparaître (les « Juifs »). Le nazisme est à la fois un nationalisme (pangermanisme) et un racisme : il reprend les thèses de l’Anglais Chamberlain, du Français Gobineau et de l’Allemand Rosenberg. Il met en scène la supériorité de l’Übermensch (« surhomme ») sur l’Untermensch (« sous-homme ») et se propose de créer un homme nouveau, façonnable, un prototype nazi. Le panneau fait la promotion de la virilité, du militarisme et de la guerre. L’action est rendue par l’impression de mouvement vers l’avant et de puissance renforcée par le V, la chevelure et la cape en arrière, volant au vent : la statue quitte son piédestal et s’anime. Plus largement, le but est de faire adhérer le spectateur et de le souder à la communauté « germanique ».

Enfin+ deuxième argument développé + référence précise à l'œuvre. L’œuvre reflète l’anti-métissage absolu. C’est le contraire du métissage (croisement et mélange de morphotypes et de cultures réputés différents) et du cosmopolitisme (ouverture à toutes les cultures du monde). Ces formes épurées consacrent le refus de la diversité, de l’irrégularité, du mélange, du métissage... Les Juifs et le métissage sont considérés comme les responsables de la défaite de l’Allemagne en 1918. Ces griefs se cristalliseraient dans l’« art dégénéré », fustigé officiellement depuis 1937 : « l’art nègre », « l’art juif », « l’art moderne » (Die Brücke, Der Blaue Reiter, l’expressionnisme, le Bauhaus, la Nouvelle Objectivité ; des peintres comme Otto Dix), « l’art des aliénés »... D’une manière générale, c’est une réaction contre la diversité et l’inventivité culturelle de la République de Weimar (1919-1934). La « pureté du sang allemand » et de la « race germanique » tient exclusivement dans des blonds aux yeux bleus, grands, puissants et sans défauts (rappel : le mot « race » n’a pas de valeur scientifique). L’œuvre prend place dans le processus politique nazi, les lois de Nuremberg contre les Juifs, la propagande contre les « Nègres », la pratique de l’eugénisme (pratique qui consiste à sélectionner certains traits de caractères héréditaires et à en exclure d’autres par des croisements dans le but « d’améliorer » un morphotype humain), puis de l’euthanasie (mise à mort volontaire d’un individu ou d’une catégorie de population), notamment contre les handicapés, les aliénés etc. Il s’agit ici d’aider de manière volontariste un processus dit de sélection naturelle. L’art moderne, spécialement l’art abstrait, est considéré comme luttant contre le « peuple allemand » et le pervertissant.

Mettre en relation avec d'autres œuvres

Démarche à rebours, de l'époque contemporaine à l'Antiquité.

1) L'art nazi

- Arno Breker, exemple : Le combat contre les serpents, 1940 :

- Autre exemple d’art nazi : bas-relief monumental d’un cavalier germanique, Vogelsang (dans l’Eiffel), centre de formation des cadres du parti nazi

Photo : Aziz Sadki

2) La sculpture de la Renaissance, exemple : David, de Michel-Ange

dates : 1501-1504

3) La source première est la sculpture hellénistique, en particulier les groupes sculptés réalisés à la fin du IIIe siècle avant J.-C. sur ordre du roi de Pergame, Attale Ier, pour commémorer ses victoires contre l’invasion galate (Gauloise). Un groupe est placé dans la capitale Pergame et un autre, de dimension plus réduite, sur l’Acropole d’Athènes. Le thème des Galates vaincus va faire florès. On les connaît surtout par des copies romaines, comme :

- le Gaulois du Musée du Capitole (Rome) :

- La Statue de Galate (Gaulois) blessé du Musée du Louvre (Paris), Ier-IIe siècle après J.-C. (reproduction et diffusion sur internet interdite, propriété du musée du Louvre)

Autre photographie, libre de droits

On peut remarquer, selon un processus de l'Antiquité vers l'époque contemporaine :

1) l’assimilation entre la figure grecque du Gaulois et la figure beaucoup plus tardive du Germain

2) le processus d’inversion entre le Gaulois vaincu ou mourant et le Germain triomphant

3) les inflexions mythologiques. À partir (du XVIe siècle, voir par exemple le rôle d’Étienne Pasquier et surtout) de la fin du XVIIIe siècle, les Français se créent une mythologie qui les rattache aux Gaulois, pendant que les États de langue allemande (la Prusse..., puis l’Allemagne à partir de 1871) se créent une mythologie germanique en réaction. Deux les figures sont particulièrement mises en opposition : Vercingétorix et Arminius.

Statue monumentale de Vercingétorix, par le sculpteur Aimé Millet, mise en place en 1865 à Alise-Sainte-Marie (site réputé être celui d’Alésia). Vercingétorix est le chef de la révolte gauloise, vaincu par Jules César en 52 avant J-C, à Alésia.

Statue monumentale d’Arminius, dit « Herman » par Ernst Von Bandel, réalisée de 1838 à 1875. Arminius, un des chefs des Chérusques, détruit les trois légions romaines de Varus dans la forêt de Teutoburg en 9 avant J-C.

 

 

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Une identité complexe, globalisée et construite - Le cas de Barack Hussein Obama - 5e - 2012-2013

22 Janvier 2016, 06:42am

Publié par histege

UNE IDENTITE COMPLEXE, DYNAMIQUE, CONSTRUITE ET GLOBALISEE

– Le cas de Barack Hussein Obama

 

Obama Barack et Michelle photo Philippe Wojazer - AFP

Michelle et Barack Obama

 Source : AFP. Photographe : Philippe Wojazer.

 

« Qui est Barack Obama ?

 

         Barack Obama — Barack Hussein Obama pour l'État-Civil — est né le 04 août 1961 à Honolulu (Hawaï). Ses parents, étudiants à l'Université de Hawaï, se sont mariés l'année précédente. Le père, Barack Hussein Obama Sr. (1936-1982), est un kenyan noir originaire de l'ethnie Luo. Élevé dans la tradition musulmane mais non pratiquant, il deviendra premier économiste au Ministère des finances du Kenya dans les années '70 avant d'être limogé lors d'un changement de pouvoir et de se tuer dans un accident de voiture en 1982. Sa mère, Stanley Ann Dunham (1942-1995), future anthropologue auteur d'une volumineuse thèse sur la vie des forgerons ruraux en Indonésie, est une blanche américaine de religion chrétienne originaire du Kansas, lointaine descendante de Jefferson Davis. Le jeune couple mixte divorce en 1963, deux ans après la naissance de l'enfant, dont le prénom "Barack" signifie "béni" en hébreu et en arabe (le nom "Obama" signifie lui "lance enflammée" dans la langue swahili de son père).

         Agé de six ans, Barack Obama suit sa mère, qui s'est remariée avec un indonésien cadre supérieur dans le pétrole, L. Soetoro. Il passe à Djakarta (Indonésie) quatre années de son enfance, de 1967 à 1971, effectuant deux ans de scolarité dans une école musulmane puis deux autres dans un établissement catholique. Soucieuse de lui donner une bonne éducation, sa mère l'envoie ensuite chez ses grands-parents maternels à Honolulu afin qu'il soit scolarisé au collège de Punahou, un établissement privé plutôt réservé aux enfants de l'élite blanche. Sa mère, de nouveau divorcée, et sa demi-soeur indonésienne (Maya Soetoro-Ng, née en 1970), le rejoignent bientôt à Hawaï. Il est bon élève, en outre passionné et excellent joueur de basket, mais c'est aussi l'époque des états d'âme solitaires et des crises identitaires adolescentes. "J'ai appris à passer de mon monde noir à mon monde blanc", écrira-t-il plus tard, "Conscient que chacun d'eux possédait son langage, ses coutumes et ses signes, convaincu qu'il suffisait d'un effort de traduction de ma part pour qu'ils se rejoignent". La famille vit modestement, en partie grâce aux bons des services d'aide sociale, et Barack Obama bénéficie d'une bourse pour suivre ses études jusqu'à l'obtention du diplôme d'entrée aux classes préparatoires.

         À la sortie du lycée en 1979, Barack Obama suit deux années d'études à l'Occidental College de Los Angeles (Californie) avant d'intégrer en 1981 la Columbia University de New York d'où il sort deux ans plus tard avec une licence en Sciences Politiques et en Relations internationales. Il déménage à Chicago où il a décroché un emploi d'analyste d'affaires dans un grand cabinet financier. Mais il abandonne bientôt ce début de carrière prometteur et lucratif pour travailler comme animateur social, payé 800 dollars par mois par une église chrétienne progressiste des quartiers défavorisés. Il travaille alors auprès du pasteur noir Jeremiah Wright, qui deviendra son ami, et se convertit au Christianisme. Il s'engage activement dans un combat contre les inégalités et les discriminations raciales et lutte pour les droits de ses concitoyens noirs.

         En 1988, Barack Obama reprend ses études. Il entre à la Harvard University pour trois années d'études de Droit couronnées par un diplôme de Juris doctor (doctorat) avec mention magna cum laude. Il retourne ensuite à Chicago où, de 1991 à 2005, il travaille comme juriste co-gérant du cabinet d'avocats spécialisé dans les droits civiques "Davis, mineur, Barnhill et Galland". Il occupe aussi parallèlement diverses autres fonctions, comme entre autres celles d'éditeur en chef de la prestigieuse Harvard Law Review et de Conférencier en droit constitutionnel à l'Université de Chicago.

         En 1992, Barack Obama épouse la juriste Michelle Robinson qu'il a rencontré en 1989 lors d'un stage d'études. Elle lui donnera deux filles: Malia Ann, née en 1999, et Natasha, née en 2001. Michelle Robinson-Obama, issue d'une famille ouvrière noire du South Side de Chicago, diplômée de Princeton et de Harvard, est une brillante avocate chargée notamment des relations extérieures et communautaires de l'hopital universitaire de Chicago. Figure du parti démocrate local, elle a beaucoup aidé son mari à conquérir les réseaux politiques du maire de Chicago, Richard M. Daley, dont elle est proche, et contribue aujourd'hui activement à sa campagne électorale.
         Les années 90’ marquent l'intérêt de Barack Obama pour la politique. Proche de la nouvelle gauche libérale progressiste, voire radicale, Barack Obama milite en 1992 pour l'élection de Bill Clinton […]. Inspiré par les luttes de Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela, il défend activement les causes des noirs, des pauvres, des gays, des étudiants, de l'environnement, et plus généralement opposé à l'ordre moral des néoconservateurs, s'engage dans tous les combats "gauchistes" : luttes contre la peine de mort, contre le Sida, pour l'avortement, pour la justice sociale, etc.

         En 1995, il publie un remarquable essai autobiographique intitulé Dreams from My Fathers (Les Rêves de mes pères) où il raconte son parcours à la fois d'enfant en quête d'un père et de métis vu comme un noir par l'Amérique blanche.

         Barack Obama débute véritablement sa carrière politique en 1996, lorsqu'il est élu dans la 13e circonscription de Chicago (quartiers pauvres du South Side et de Hyde Park) au Sénat de l'Illinois. Il […] lutte activement pour étendre la couverture maladie aux populations les plus défavorisées de l'Etat. […][Battu en 2000 aux élections à la Chambre des représentants]. En 2003, il […][prend] clairement position contre la guerre en Irak. En juillet 2004, son charisme, son éloquence et son discours très remarqué en faveur d'une autre Amérique » le font remarquer dans le camp démocrate. « Le 2 novembre de la même année, il est élu Sénateur démocrate de l'Illinois au Congrès des Etats-Unis […]. Seul afro-américain à siéger au Sénat, et troisième de toute l'histoire des Etats-Unis depuis 1865 […].

 

Élection présidentielle de 2008


         Le 10 février 2007, Barack Obama se déclare officiellement candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2008, malgré la forte concurrence d'Hillary Clinton [qu’il réussit à battre lors des léctions primaires].  […] « Dans la course à la Maison Blanche, Barack Obama affronte le sénateur néo-conservateur John McCain, désigné lui au mois de mars 2008 par le parti Républicain. Ses adversaires politiques, jouant sur le racisme et l'islamophobie latente d'une partie des américains, ainsi que sur la peur du terrorisme, ne manquent pas de rappeler son deuxième prénom, Hussein, et font rimer Obama avec Oussama. Mais pour beaucoup d'américains désabusés par huit années de cynisme politique, il incarne l'espoir et la renaissance du rêve américain de société égalitaire et multi-raciale. Son programme séduit de larges pans de l'électorat: femmes, jeunes, personnes âgées, et pas seulement afro-américains, son talent consistant à dépasser l'enjeu racial sans toutefois renier ses origines. En pleine crise financière planétaire, alors que l'Amérique se découvre en quasi faillite, il parvient à imposer sa stature présidentielle lors des grands débats télévisés qui l'opposent à John McCain. […]

         Le 04 novembre 2008, Barack Obama, 47 ans, est élu 44e président des États-Unis d'Amérique […].

Moins de neuf mois après son arrivée à la Maison blanche, Barack Obama obtient le Prix Nobel de la Paix 2009 "pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie internationale et de la coopération entre les peuples", précise le jury. »

         Copyright © A. M. Levy / La République des Lettres, 09 octobre 2009 ; source : http://www.republique-des-lettres.fr/10727-barack-obama.php

 

 

1)     L’identité légale de Barack Obama

 

éléments qui constituent son état-civil

type

précision

nom

Obama

prénoms

Barack Hussein

lieu de naissance

Honolulu (Hawaï, Etats-Unis)

date de naissance

4 août 1961

origine

afro-américain

 

2)     L’identité biologique et l’identité familiale d’origine de Barack Obama

 

        

père

mère

type physique

noir

blanche

langue maternelle

swahili

anglais (américain)

nationalité (ou ethnie)

kenyane (ethnie Luo)

américaine

position religieuse

musulman (non pratiquant)

chrétienne

fonction (métier)

économiste (au ministère des finances du Kenya)

anthropologue (chercheuse)

 

1) D’après son origine familiale : est-il blanc, noir ou métis ? Justifie ta réponse.

Il est métis : le produit d’un mélange de types physiques différents. Exemple : Obama a un père noir et une mère blanche.

Remarque : les « races » n’existent pas. Il existe une seule espèce humaine. Nous sommes tous des « métis », extrêmement brassés au cours de l’histoire et nous sommes tous (au regard de la recherche scientifique actuelle) soit Africains, soit descendants d’Africains.

 

2) Comment était-il considéré à ce sujet par de nombreux Américains ?

La plupart des Américains le désignent comme « noir », terme souvent mal considéré, souvent avec un sens raciste pour certains d’entre eux.

Remarque : on lui reproche d’être d’origine musulmane, par islamophobie (peur et hostilité à l’égard des musulmans).

 

3) L’expression « afro-américain » convient-elle pour le désigner ?

On peut le considérer comme un « afro-américain » : son père est Africain (Kenyan) et sa mère Américaine.

 

3)     L’identité personnelle

 

les lieux principaux où Obama a vécu Barack

lieux

Etats

Honolulu (Hawaï)

Etats-Unis

Djakarta

Indonésie

New York, Chicago, Boston, Los Angeles

Etats-Unis

 

1) Quelle est sa nationalité ? Américaine.

 

2) Quelle est sa position personnelle en matière de religion ? Il a choisi d’être chrétien à la manière protestante. Sa mère est chrétienne protestante et son père musulman non pratiquant.

 

langues qu’il a apprises ou côtoyées

swahili

anglais, américain

indonésien

arabe

Il a une identité « planétaire », globalisée.

 

par quelles écoles est-il passé ou quelles études a-t-il faites ?

école musulmane (Jakarta)

Harvard University (Boston)

établissements catholiques

Occidental College (Los Angeles)

établissement privé (Honolulu)

Columbia University (New York)

 

3) Souligne dans le texte le passage de sa biographie (vie) qui montre qu’il s’est posé de fortes questions identitaires.

« mais c'est aussi l'époque des états d'âme solitaires et des crises identitaires adolescentes. "J'ai appris à passer de mon monde noir à mon monde blanc", écrira-t-il plus tard, "Conscient que chacun d'eux possédait son langage, ses coutumes et ses signes, convaincu qu'il suffisait d'un effort de traduction de ma part pour qu'ils se rejoignent". » 

 

quels métiers a-t-il faits ?

juriste financier, avocat

animateur social  

homme politique : sénateur, puis président des Etats-Unis

 

l’identité de sa femme

nom et prénom

Michelle Robinson

type physique

afro-américaine

métier

juriste : avocate

religion

protestante

nationalité

Américaine

 

4) Dans quel camp politique s’est-il engagé ? Le camp démocrate : gauche américaine (libérale et progressiste).

 

5) Avait-il beaucoup de chance, au regard de l’histoire, de devenir président des Etats-Unis ? Justifie ta réponse. Qu’est-ce qui dans sa volonté et ses qualités personnelles lui a permis d’être élu président ?

Normalement, il n’avait aucune chance d’être président, en raison de ses origines (père noir africain et musulman) et de son nom (nom africain, prénoms arabes ou hébreu). Il n’y a jamais eu de président « noir » ou métis. Ses adversaires lui créent des obstacles : il est victime de racisme, d’islamophobie et accusé de « liaison avec le terrorisme ».

Mais, il jouit d’éléments favorables : son milieu parental est très favorisé, notamment culturellement (études, papa économiste, maman chercheuse). Il reçoit l’éducation de l’élite américaine « blanche » (Harvard…). Il a réussi à force de volonté (par ses études, les métiers qu’il a exercés et l’action politique qu’il a mise en œuvre). Il a été au contact de langues, de cultures, de religions et de milieux sociaux différents.

 

6) Conclusion : en quelques lignes argumentées, montre que Barack Obama a une identité complexe,  globalisée et construite.

Obama a une identité complexe et globalisée liée à la diversité de ses origines, à la multiplicité des lieux de vie, sur deux continents (Asie, Amérique, avec connaissance de l’Afrique) et un océan (Pacifique), à la la variété des études qu’il a faites et à ses choix personnels.

Barack Obama illustre l’exemple d’une identité faite de l’alliage d’une identité héritée, d’une identité (construite) choisie par lui-même et forgée face aux événements de l’existence.

 

 

Pour le moment, l'identité de Barack Obama ne déplaît pas, puisque la majorité des Américains l'ont réélu président des Etats-Unis en 2012. Indépendamment des questions politiques, l'homme a de nombreux partisans en Europe et dans le monde. Au Kenya et en Indonésie, l'événement est encore vécu comme la victoire de l'un des leurs, qui accède à la direction de la première puissance mondiale. Il symbolise l'avènement de l'identité planétarisée, même si le phénomène n'est pas nouveau en réalité.

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Comment apprendre ma leçon ?

3 Septembre 2015, 11:25am

Publié par histege

COMMENT APPRENDRE MA LEÇON ?

      

      Je lis régulièrement le livre (le manuel), après chaque leçon. Il est fondamental en histoire-géographie et éducation morale et civique. Je peux prendre un peu d’avance, en lisant tout ou partie du chapitre pour m’imprégner du sujet.

       J’apprends régulièrement mes leçons et toujours pour le prochain cours.

  1. J’ouvre en même temps le cahier et le livre sur la leçon. Je dispose près de mon bureau d'un dictionnaire (de noms propres et de noms communs) et si possible d'un atlas (sinon : google earth ou autre).
  2. Je lis une première fois la leçon en entier sur le cahier. Ensuite, je la relis plus lentement en observant attentivement les documents du cahier et du livre (cartes, frises chronologiques, photos de personnages, schémas, graphiques...). Par exemple, on retient mieux un personnage quand on sait à quoi il ressemble (cela évite aussi de le confondre).

3. Je résume la leçon sur une fiche (on apprend mieux en écrivant).

Comment ? Il faut toujours se poser deux questions :

                        1. Qu’est-ce qui est important à connaître dans la leçon (l’essentiel) ? C’est cela qu’il faut mettre sur la fiche, mais sans rédiger (enlever les articles le, la, les, parfois les verbes conjugués, utiliser des abréviations personnelles...).

- plan de la leçon (titre général, sous-titres)

- les définitions

- les principales dates (refaire la frise chronologique s’il y en a une)

- les principaux personnages (leur nom, leur pays et leur rôle)

- les principaux chiffres

- les idées principales

- refaire un croquis simplifié de la carte en localisant les points importants.

                        2. Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? Quand je n’arrive pas à retenir une leçon, c’est que je ne l’ai pas comprise. Ce n’est pas suffisant d’apprendre par cœur, il faut surtout comprendre. Que faut-il faire quand je n’ai pas compris quelque chose ?

            - Je relis le passage de la leçon qui fait difficulté. Je cherche dans le livre le passage qui correspond. Si je ne comprends pas un mot de la leçon, je recherche la définition dans le livre ou dans le dictionnaire. Je copie la bonne définition sur une feuille, je l’apprends et la garde dans mon cahier (cela évite de la rechercher une autre fois).

            - Si je n’y arrive toujours pas, je me fais aider : professeur, parents, camarade...

            4. J’apprends par cœur la fiche-résumé. Je m’entraîne à écrire correctement les mots de vocabulaire et les noms propres. Sans regarder la leçon, je porte les dates sur une frise chronologique et je refais un croquis de la carte. Ensuite, je vérifie sur le cahier. Enfin, je relis plusieurs fois la leçon et je lis le cours du livre (l’idéal est de prendre des notes), notamment le résumé ou le schéma logique de fin de chapitre du livre.

     Pour aller plus loin

            - Lire le plus possible et garder des traces (prendre quelques notes). Lire et écrire permet de progresser dans toutes les matières, de susciter l’imagination et de se cultiver. L’apprentissage des leçons devient alors plus facile.

- Faire des recherches :

  • dans un dictionnaire, une encyclopédie, des livres, des journaux, des revues, des CD/DVDRom
  • à la maison, au C.D.I. (demander l’aide du professeur documentaliste s’il le faut), dans une bibliothèque municipale, sur Internet (sur les sites tenus par des enseignants, le CNED...), regarder les documentaires à la télévision (ARTE, France 3)...
  • Sites internet de Mr Sadki :      

- Contacter par mail Mr Sadki (je répondrai si possible) : histege.barjavel@orange.fr

 

Signatures :     de l’élève :                                         du représentant légal :

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Sujet de brevet d'histoire géographie éducation civique juin 2015

10 Juillet 2015, 14:37pm

Publié par histege

Sujet officiel du DNB juin 2015 épreuve d'histoire, géographie et éducation civique

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La vie sociale en France - 3e - 2015

20 Juin 2015, 14:35pm

Publié par Sadki

LA VIE SOCIALE EN FRANCE

 

La démocratie sociale repose sur l’engagement des citoyens dans des actions individuelles et collectives. C’est la liberté pour des personnes — citoyens et étrangers –, d’agir, de se réunir et de s’associer, qui est reconnue par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (O.N.U., 1948) et par la Constitution de la Ve République en France (1958). Les citoyens et les étrangers vivant sur le sol français peuvent agir seuls dans tous les domaines de la vie. Mais agir ensemble est souvent plus efficace.

Les associations. La liberté d’association est reconnue en France par la loi du 1er juillet 1901.

Une association est un regroupement de plusieurs personnes qui mettent en commun leurs compétences pour agir ensemble. Elle doit être à but non lucratif (ne pas gagner d’argent), ne pas s’opposer à la République et être signalée à la préfecture ou sous-préfecture, où elle doit déposer ses statuts. Elle repose sur les principes de la solidarité et de l’aide gratuite. La plupart des membres des associations sont des bénévoles, donc non rémunérés. Les plus importantes ont souvent des salariés. Certaines permettent d’employer des personnes, en leur fournissant souvent un emploi rémunéré à temps partiel.

Les associations ont des domaines d’action très variés, par exemple :

- humanitaires et caritatives : défense des droits de l’homme, des minorités, lutte contre la pauvreté, aide à l’enfance... Amnesty International, Médecins sans frontières, Croix Rouge, Restos du Cœur, Secours catholique…

- écologiques et favorable au développement durable : les AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne)

- sportives : clubs etc. - culturelles : théâtre...

- religieuses.

Elles peuvent agir par manifestation, pétition, organisation de débats et de meetings, collecte de fonds… 11 millions de bénévoles agissent dans plus d’un million d’associations. Elles complètent l’action de l’État et suppléent aux déficiences de ce dernier (désengagement financier et social croissant de l’État). Beaucoup d’associations se placent sur le terrain traditionnel des syndicats ou des partis politiques.

Les syndicats. La loi de 1884 accorde la liberté syndicale. Auparavant, la loi de 1864 a accordé le droit de grève (cesser le travail sans rémunération).

En France, la liberté de former un syndicat et de faire parti d’un syndicat est reconnue. Un syndicat est une association professionnelle qui réunit des personnes dans le but de défendre les intérêts de ceux qui travaillent et des chômeurs. Il y en a dans la fonction publique et dans beaucoup d’entreprises privées.

Le pluralisme et la diversité syndicales sont de règle chez les employés alors que les chefs d’entreprise sont regroupés dans un seul syndicat dominant.

Normalement détachés de toute allégeance politique, en réalité ils partagent une coloration politique dominante. Exemples de syndicats :

- d’employés : CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens – plutôt à droite), CFDT (Confédération Française Démocratique du Travail – désormais gauche, en partie à droite), CGC (Confédération Générale des Cadres – à droite), FO (Force Ouvrière, gauche et en partie à droite), CGT (Confédération Générale des Travailleurs – gauche)

- de patrons : MEDEF (Mouvement des Entreprises de France – très largement à droite).

Les premiers et les seconds négocient entre eux (« dialogue social ») et face à l’État (salaires, droits, conditions de travail, sécurité au travail, retraites…). En cas de désaccord, le recours à la justice, à la manifestation ou à la grève est une possibilité.

La division des syndicats d’employés, la faiblesse du nombre des syndiqués et de leur ressources posent problème. Le syndicalisme français est un des plus faible, ce qui n’est pas le cas dans des pays équivalents. Le recul du syndicalisme est un danger pour la démocratie et la vie sociale. Par contre, le principal syndicat de patrons, le MEDEF bénéficie de la force de l’union et d’un quasi monopole. Ses ressources sont sans commune mesure avec les premiers et son influence sur la vie politique et la société civile sans égal. De même, il pratique à grande échelle le lobbying.

D’ailleurs, sans faire partie de syndicats, les acteurs privés, financiers et économiques, qui agissent dans le cadre du marché, ont une puissance d’intervention considérable dans la vie sociale : la plupart des relais d’opinion, comme les médias, leurs appartiennent.

Conclusion : les associations et les syndicats sont une expression de la démocratie et favorisent son bon fonctionnement et le lien social.

Manifestation de syndicats et de non syndiqués sur la question de l'enseignement public - Valence (Drôme - France)

Manifestation de syndicats et de non syndiqués sur la question de l'enseignement public - Valence (Drôme - France)

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La vie politique en France - 3e - 2015

20 Juin 2015, 13:55pm

Publié par Sadki

LA VIE POLITIQUE EN FRANCE

 

La vie politique est conditionnée par la constitution de la Ve république, adoptée depuis 1958 : elle fonde le contrat politique entre les citoyens et l’État.

Elle repose sur le partage du pouvoir : le pouvoir exécutif qui propose les lois, le pouvoir législatif qui les vote et l’autorité judiciaire qui veille à leur bonne application.

Le pouvoir exécutif domine la vie politique : il appartient au président de la république (acteur clé autour duquel tourne la vie politique en France en raison de la constitution ; actuellement François Hollande) et au gouvernement. Élu pour 5 ans, le président est le chef de l’État, dispose de grands pouvoirs dans tous les domaines (chef des armées, chef de la diplomatie…) et fixe la politique générale du pays. Il nomme le premier ministre qui conduit sa politique et peut dissoudre l’Assemblée nationale (provoquer de nouvelles élections de députés).

Le gouvernement est composé du premier ministre (actuellement Manuel Valls), qui le dirige et de ministres et secrétaires d’État. Disposant d’un budget et s’appuyant sur l’administration pour mener sa politique, il prend des décisions (ordonnances, décrets, circulaires) et propose des lois au Parlement.

Le pouvoir législatif appartient au Parlement. Son rôle, certes important, est en réalité secondaire. Par crainte et répugnance, les citoyens sont rarement appelés à utiliser ce pouvoir par référendum. Le Parlement est composé de l’Assemblée nationale (577 députés élus pour 5 ans) et du Sénat (348 sénateurs élus pour 6 ans). Le Parlement vote les lois, peut modifier les projets de lois du gouvernement et proposer ses propres lois. L'Assemblée nationale peut renverser le gouvernement (vote d'une motion de censure). Les deux assemblées doivent se mettre d’accord sur un texte identique : le projet peut faire la navette de l’une à l’autre. En cas de désaccord final, les députés décident seuls. Les parlementaires peuvent interpeller le gouvernement tous les mercredis. La loi ne peut s’appliquer que si elle est signée par le président de la république et publiée au journal officiel.

En France, le pouvoir judiciaire est seulement une autorité judiciaire. Son indépendance est incomplète. Il a peu de contrôle sur les deux autres pouvoirs, mais davantage sur l’administration et la société civile. Le président de la république en fonction bénéficie n’est pas justiciable comme les autres citoyens. Le président, en cas de haute trahison, et les membres du gouvernement peuvent être jugés par des tribunaux spéciaux.

Le contrôle des pouvoirs peut être exercé par le Parlement (commissions d’enquêtes parlementaires) et de manière croissante par le Conseil constitutionnel, qui vérifie que les lois et les élections sont conformes à la constitution et aux traités internationaux signés par la France. Le Conseil d’État vérifie par avance les projets de loi du gouvernement et sert de tribunal administratif supérieur, qui défend les droits des citoyens, peut annuler un acte du gouvernement et condamner l’État à indemniser une victime. La Cour des comptes vérifie l’usage de l’argent public.

Les partis politiques animent la vie politique (débats, programmes, campagnes électorales). Leur pluralité est garantie par la constitution. Depuis le début du XXe siècle, ce sont les acteurs majeurs. Les plus grands (Les Républicains et le Parti socialiste) accèdent à la direction du pays et associent parfois de petits partis pour obtenir une majorité de gouvernement. Expression fondamentale de la démocratie, le jeu des partis a un effet pervers antidémocratique : il a tendance à anémier la vie politique, aucun acteur politique ne peut accéder au pouvoir suprême hors des partis et il éloigne les citoyens des décisions. La professionnalisation de la vie politique limite le renouvellement démocratique, favorise les mécontentements et l’abstention. Le marché, les acteurs financiers (banques…) et économiques (chefs d’entreprise) agissent puissamment (lobbying) dans la vie politique et imposent leurs vues aux décideurs politiques, au détriment souvent de la volonté générale des citoyens.

Pour une étude comparée des partis politiques actuels, cliquez sur le lien suivant : http://www.histege.com/2015/06/les-partis-politique-en-france-2012-2015.html

La décentralisation des pouvoirs vers le bas. La république est fortement centralisée : la plupart des décisions se prennent à Paris. La décentralisation (1982 et 2003) transfère une partie des pouvoirs de l’État aux collectivités territoriales (communes, départements, régions et collectivités d’outre-mer). Par exemple, l'enseignement public est ainsi géré, financé et équipé : les communes (mairies) se chargent des écoles primaires, le conseil départemental des collèges et le conseil régional des lycées.

L’intégration européenne vers le haut. Le Conseil européen (chefs d’État et de gouvernement) surtout, la Commission européenne et le Parlement européen jouent un rôle croissant dans la vie du pays et des citoyens. État membre fondateur, la France est soumise aux lois de l’Union européenne (directives), dont certaines sont des avancées démocratiques, qui renforcent les droits des gens. Leur non-application peut entraîner des pénalités financières pour la France. La politique européenne, qui paraît trop lointaine, est contestée par les nationalistes (souverainistes) et les antilibéraux qui refusent la politique économique libérale de l’Union.

Le citoyen a des droits politiques fondamentaux : voter, être candidat (éligibilité) et élu, participer au gouvernement. Il peut manifester ses opinions, agir dans le cadre d’une association et adhérer à un parti politique. Il est aussi citoyen de l’Union européenne. Il peut voter à dates régulières aux différentes élections, à toutes les échelles du pouvoir (de la commune à l’Union européenne). Le citoyen est un acteur essentiel de la démocratie : c’est lui qui l’a fait vivre. Alors qu’il devrait être l’acteur premier et majeur de la vie politique, en réalité, le citoyen n’a pas d’influence directe sur les grandes décisions car la France est une « démocratie représentative » (décisions prises par des élus) et non une démocratie directe (décisions prises par les citoyens eux-mêmes).

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L'opinion publique et les médias - 3e éducation civique

16 Juin 2015, 23:05pm

Publié par histege

L'OPINION PUBLIQUE ET LES MEDIAS

Les médias sont des moyens techniques qui permettent de mettre en relation des producteurs d’informations et le public. Les mass-média s’adressent à un grand nombre de personnes.

Ils suivent les progrès technologiques : la presse écrite, la radio, la télévision et internet dominent tour à tour. Tous coexistent aujourd’hui, mais avec une influence inégale.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) et la loi sur la liberté de la presse (1881) fondent la liberté de l’information : c’est un droit de l’homme. Le citoyen a droit à une information libre, pluraliste et fiable pour forger sa propre opinion et faire ses choix.

Les principaux fournisseurs d'informations sont les Etats et les insitutions internationales, les agences de presse (Associated Press, Reuters, Agence France Presse...) et les médias en général, les partis politiques et les associations.

Les médias permettent de contrôler les pouvoirs (on parle de « 4e pouvoir » de fait), de vulgariser les connaissances scientifiques, d’étudier la société et de dénoncer les dérives de la vie sociale. Le travail des médias contribue à forger l’opinion publique. L’opinion publique est la manière de penser la plus répandue dans la population. Elle peut être diverse et juxtaposer plusieurs opinions publiques. L’opinion publique est aussi profondément travaillée par les décideurs politiques (hommes et partis politiques) et économiques (financiers, chefs d’entreprises), les individus et les groupes d’individus (associations, lobbys = groupes de pression qui défendent des intérêts privés…).

Actuellement, la plupart des médias sont privés et une minorité demeurent publics (propriété de l’Etat ou sous sa tutelle). Néanmoins, la plupart des médias ont perdu leur indépendance. Dans le passé, ils étaient soumis au pouvoir politique (arrestations, censure, propagande). Désormais, ils sont soumis aux acteurs économiques et financiers. La plupart des grands médias ont été achetés ou créés par des groupes financiers et des entreprises. Dès lors, l’objectif principal n’est plus la recherche du savoir, de la vérité et la promotion du talent, mais la recherche du profit (vente de produits commerciaux), la promotion du divertissement (sports, spectacles, faits divers, l’« insécurité » , fausse « téléréalité », star-system et presse people qui reposent sur la notoriété) et la pression politique et idéologique dans le sens du libéralisme économique.

La recherche du profit, les animateurs soucieux de garder leur place, la dictature de l’audience font que les médias ont un comportement moutonnier : tous parlent de la même chose et se désintéressent de la qualité de l’information. Le nationalisme, les va-t-en-guerre et le lynchage médiatique sont des risques majeurs. La hiérarchie de l’information est souvent inversée : l’événement futile ou sensationnel prime sur l’étude argumentée. Les médias créent quotidiennement des événements artificiels : une actualité chasse l’autre, pas seulement dans les chaînes d’information continues (BFM TV) souvent anxiogènes. L’actualité réelle, qui fait sens, est souvent reléguée au dernier plan. Les reporters et les journalistes d’investigation se font plus rares face aux commentateurs suspendus au téléphone et à leur écran qui ne sortent pas de leur bureau. La communication (au sens de propagande ou de publicité) brouille l'information réelle. Les faux experts supplantent ceux qui travaillent de longue date avec honnêteté intellectuelle. Les décideurs et les médias manipulent ainsi l’opinion publique, pour que les individus deviennent des acheteurs-consommateurs et des relais capables, notamment lors des élections, de voter dans le sens voulu. Ils font du marketing politique et économique.

La plupart des médias privés ont une politique éditoriale souvent marquée à droite (TF1, M6, Europe 1, RMC qui a en plus des accents populistes poujadistes, NRJ, Fun Radio…, Le Figaro, Le Point, Les Echos…). Canal + tente de tenir une position à la fois commerciale, "jeune", "branchée" et ouverte. Les médias inclinant vers la gauche sont en recul : Le Monde (centriste et libéral), France Inter, Le Nouvel Obs (social-démocrate), Libération (socialiste), L’Humanité (communiste, avec peu d’audience). Les médias publiques tentent de suivre un équilibrisme difficile entre la droite et la gauche (ligne soit centriste, soit gouvernementale qui varie en fonction de la majorité gouvernementale comme France 2, soit plus souvent sociale-démocrate). Ces médias proposent de manière variable ou trop rare des productions utiles. La chaîne franco-allemande ARTE fournit une offre culturelle de qualité (fictions, spectacles, documentaires) et une information sobre et ouverte sur le monde : c’est pourtant une des moins regardées. La radio France Culture prend le temps de traiter de sujets de fond et son journal est souvent documenté et objectif, même si sa rédaction a peu de moyens humains et financiers.

Internet et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) prennent une place de plus en plus grande. C’est un progrès. Les individus accèdent plus rapidement à l’information. Ils permettent une capacité de réaction et de mobilisation sans précédent, même entre individus qui ne se connaissent pas. Des espaces de libertés, des idées et des créations nouvelles, alternatifs, peuvent ainsi émerger. Mais, les risques sont grands : la liberté est détournée dans un but commercial (les moteurs de recherche comme Google orientent dans ce sens les résultats des recherches), la cybercriminalité se développe, les fausses informations et les rumeurs se propagent, les injures et les attaques se multiplient sous couvert d’un faux anonymat. Car les Etats et les fournisseurs d’accès peuvent briser les liaisons satellitaires et internet, espionner, ficher, vendre ou divulguer les informations sur les usagers. La surveillance généralisée et informatisée est un risque pour les droits de l’homme et la démocratie.

Les sondages sont des études statistiques et sociologiques basées sur un échantillon restreint d’individus (dit « représentatif ») avec pour but de proposer une photographie partielle ou générale de la société. Mais, ce sont toujours des extrapolations. Tous n’ont pas la rigueur scientifique prétendue. Les commanditaires (payeurs) des sondages influencent souvent les résultats finaux. Les « instituts » (terme scientifique généralement usurpé) tendent à se substituer à l’opinion réelle des individus et à parler abusivement au nom des Français : la seule vérité de l’opinion est celle qui résulte d’élections libres, préparées de manière contradictoire.

Les individus et les groupes d’individus doivent être vigilants, user d’esprit critique, se tenir informés, savoir reconnaître les informateurs et les informations fiables, éviter de juger sans examen rigoureux pour penser et agir de manière libre et responsable. L’actualité de qualité et les connaissances scientifiques existent, mais il faut savoir les « dénicher ». C’est la qualité de la lecture qui fait la qualité du jugement.

 

 

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Les partis politiques en France - 2012-2015

10 Juin 2015, 19:25pm

Publié par histege

TABLEAU COMPARATIF DES PARTIS POLITIQUES EN FRANCE

SITUATION EN 2012-2015

 

Programme de 3e : le tableau s'insère dans la séquence intitulée La vie politique (en France).

Tableau valable pour le lycée et l'université (histoire et science politique).

Pour avoir un affichage de meilleure qualité, télécharger le fichier pdf ou le fichier word, en cliquant sur les liens ci-dessous, format pdf ou word.

 

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Les partis politique en France - situation en 2009-2010

10 Juin 2015, 15:26pm

Publié par histege

TABLEAU COMPARATIF DES PRINCIPAUX PARTIS POLITIQUES

EN FRANCE

situation en 2009-2010

 

Programme de 3e : le tableau s'insère dans la séquence intitulée La vie politique (en France).

Tableau valable pour le lycée et l'université (histoire et science politique).

 

Pour avoir un affichage de meilleure qualité, télécharger le fichier pdf ou le fichier word, en cliquant sur les liens ci-dessous, format pdf ou word.

 

 

 

Tableau comparatif des principaux partis en France en 2009-2010 : histoire, idéologies, idées, programmes et courants politiques, figures historiques et actuelles

Tableau comparatif des principaux partis en France en 2009-2010 : histoire, idéologies, idées, programmes et courants politiques, figures historiques et actuelles

Tableau comparatif des principaux partis en France en 2009-2010 : histoire, idéologies, idées, programmes et courants politiques, figures historiques et actuelles

Tableau comparatif des principaux partis en France en 2009-2010 : histoire, idéologies, idées, programmes et courants politiques, figures historiques et actuelles

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Carte - organisation du territoire français

1 Juin 2015, 19:01pm

Publié par histege

Carte - organisation du territoire français

Pour les 3e 6

Carte d'organisation du territoire français : à reproduire sur le fond de carte distribué, en respectant les symboles et les couleurs. Il faut ensuite l'apprendre.

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Différents, mais égaux - Le cas des Roms

12 Janvier 2015, 19:08pm

Publié par histege

Différents, mais égaux - Le cas des Roms
Différents, mais égaux - Le cas des Roms

Document. Les violences faites aux Roms dans l’Union européenne doivent cesser

L’association européenne des ligues des droits de l’Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union Européenne. Elle dénonce le 24 novembre 2011, depuis Bruxelles, les atteintes portées aux Roms en Europe :

« une fois de plus, la Commission ainsi que le Conseil n’ont pu faire état des mesures concrètes mises en place dans les Etats membres pour mettre fin aux violences contre les Roms ou encore identifier les manquements quant aux politiques nationales d’inclusion [pour intégrer les] des Roms.

Cette situation est d’autant plus regrettable car malgré l’existence de mécanismes juridiques [lois, circulaires et conventions] européens tels que la Charte des droits fondamentaux, et plus précisément la Directive 2000/43/CE du Conseil du 29 juin 2000 relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique, la situation des Roms reste inchangée et tend à s’aggraver dans l’UE.

L’AEDH dénonce la résurgence [réapparition] des violences et la montée du discours raciste et xénophobe [hostile aux étrangers] des populations et de certains gouvernements des pays membres de l’UE à l’égard des Roms, et tout cela dans un contexte où règne l’impunité. Par exemple dans le cas des manifestations et violences anti Roms dans la ville Gyöngyöspata en mars 2011 en Hongrie organisée par le Jobbik [parti politique hongrois d’extrême-droite], l’Etat n’a pas pris les mesures nécessaires pour juger les personnes responsables des violences, alors que les autorités auraient dû dans un premier temps dissoudre les manifestations prévues, et ensuite face aux violences commises y mettre fin et enquêter sur les responsabilités.

Outre la question des violences anti-Roms, récurrentes [qui reviennent souvent] en Hongrie, Bulgarie, République tchèque, comme l’actualité récente l’a montré, d’autres pratiques tout aussi condamnables qui portent atteinte aux droits des Roms se perpétuent dans l’UE. La Cour [tribunal] européenne des droits de l’Homme a ainsi récemment condamné la Slovaquie pour la stérilisation d’une femme Rom sans son consentement. En France et au Royaume-Uni, les expulsions de camps Roms et les destructions de biens se poursuivent, sur décision des autorités publiques. Le Comité européen des droits sociaux a d’ailleurs condamné la France le 9 novembre 2011.

[…]

A ce titre l’AEDH appelle la Commission Européenne à inclure la lutte contre les violences et le racisme dans la stratégie d’inclusion sociale des Roms, et à appliquer la procédure d’infraction en cas d’actes discriminatoires d’un État membre. Il est important que la Commission joue pleinement son rôle de gardienne du respect des traités et des acquis communautaires. L’Union Européenne doit réaffirmer son attachement au respect de la dignité humaine et au respect des droits de l’Homme. »

Source : http://www.ldh-france.org/section/loudeac/2011/11/28/les-violences-faites-aux-roms-dans-l%E2%80%99union-europeenne-doivent-cesser/

1° D’après tes connaissances, qui sont les Roms ? Présente le cas français, en précisant notamment leur origine, leur mode de vie (sédentaires, nomades) et leur position par rapport à la nationalité française. (2 p)

2° D’après le texte, de quoi souffrent les Roms en Europe ? (2 p)

3° La situation des Roms s’améliore-t-elle ? (Justifie ta réponse. (1 p)

4° Dans quels Etats ont lieu les persécutions (atteintes) contre les Roms ? (3 p)

5° Comment se comportent les Etats incriminés par rapport à ces cas de persécution ? (2 p)

6° Quelle est la politique des institutions européennes (Commission de l’Union Européenne et Conseil de l’Europe) par rapport aux persécutions contre les Roms ? (2 p)

7° Quels textes européens ne sont pas respectés ? (2 p)

8° Quel droit de l’homme en particulier n’est pas respecté ? Souligne dans le texte le passage qui l’évoque. (2 p)

9° Qui a condamné les États qui n’appliquent pas les mesures de défense des droits des Roms ? (2 p)

10° Peut-on dire que les Roms sont victimes de discrimination ? Justifie ta réponse. (2 p).

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La discrimination à l'égard des Roms encore et toujours

12 Janvier 2015, 18:05pm

Publié par histege

La discrimination à l'égard des Roms encore et toujours

DIFFERENTS, MAIS EGAUX

évaluation, 5e, janvier 2015

 

Les funérailles du bébé à Wissous. Crédits photo : Christophe Ena/AP

 

Le tribunal d'Evry a annoncé l'ouverture d'une enquête pour discrimination. La veille, le maire de Champlan s'était expliqué sur l'affaire du refus d'inhumer sur sa commune un bébé rom de deux mois et demi. Christian Leclerc, élu divers droite et accusé d'avoir refusé l'inhumation du nourrisson dans le cimetière de Champlan, a renvoyé dimanche la faute sur un agent municipal, avant de présenter ses excuses à la famille et souhaiter que «l'inhumation puisse avoir lieu» dans sa commune.

Le bébé a finalement été enterré ce lundi au cimetière de Wissous, à sept kilomètres de Champlan où vit la famille de l'enfant, après une cérémonie religieuse dans une église catholique. Le père Joseph célébrait la bénédiction. «Je suis là car je connais bien la famille, je veux exprimer ma douleur. Ce sont mes frères, ils vivent la même foi que moi», a confié le religieux. Guy, lui est venu de Paris, choqué par cette dramatique affaire. «Même morts, les Roms dérangent, c'est ignoble, inhumain».

Prénommé Maria Francesca, le bébé, une petite fille de deux mois et demi, est décédé dans la nuit du 25 au 26 décembre dernier d'une mort subite du nourrisson. A la demande des parents, une entreprise de pompes funèbres de Corbeil-Essonnes, là où le décès a été enregistré, avait pris contact avec la municipalité pour obtenir l'autorisation d'inhumer le nourrisson dans le cimetière de Champlan, ville de résidence de la famille. Mais la municipalité avait refusé. Le maire n'a donné «aucune explication». Pourtant, mercredi face au journal Le Parisien, le maire avait défendu sa position : «Nous avons peu de places disponibles (...) Il nous faut gérer les places au cas par cas, selon les circonstances, et si la famille habite sur place. Les concessions sont accordées à un prix symbolique et l'entretien coûte cher alors priorité est donnée à ceux qui paient leurs impôts locaux.» Le maire dit maintenant que ses propos ont été mal interprétés par le quotidien.

Des explications qui n'ont pas convaincu le Défenseur des droits Jacques Toubon qui s'est aussi saisi de l'affaire et qui devait lancer des investigations dès lundi matin afin de rechercher toutes les informations utiles sur ce dossier. «La méthode du défenseur des droits, c'est le contradictoire, le refus d'avoir un préjugé en faveur des uns ou des autres, d'essayer de rechercher la vérité et ensuite de la qualifier, d'en tirer les conséquences, et de proposer telle ou telle sanction, par exemple un rappel à la loi», a poursuivi Jacques Toubon, avant d'ajouter qu'il pourrait «ressortir des infractions» des investigations.

Le premier ministre, Manuel Valls, a indiqué dimanche sur Twitter que «refuser la sépulture à un enfant en raison de son origine» représentait «une injure à sa mémoire, une injure à ce qu'est la France».

D'après le journal Le Figaro, 4 et 5 janvier 2015.

 

Vocabulaire : concession = emplacement loué dans un cimetière ; inhumer = enterrer ; investigations = enquêtes; sépulture = tombe, enterrement.

 

1) Qu'est-il arrivé au bébé rom après son décès ? (1 pt)

2) Quelle décision a prise le maire de Champlan ? (1 pt)

3) Quels arguments (justifications) a mis en avant le maire pour prendre sa décision ? (2 pts)

4) Quels droits n'ont pas été respectés par cette décision ? (2 pts)

5) Souligne dans le texte le mot qui désigne un tel comportement. (1 pt)

6) De quoi continuent de souffrir les Roms en France ? La réponse doit être développée, en s'appuyant sur le texte et les connaissances personnelles. (4 pts)

7) Qui est chargé de vérifier si les droits de la personne ont été respectés et si une infraction été commise ou pas ? Deux réponses différentes sont attendues. (2 pts)

8) Relie par une flèche chaque mot à sa définition (7 pts) :

xénophobie   discrimination liée à un comportement (ou orientation) sexuel
génocide   non respect de l'égalité homme-femme
islamophobie   hostilité à l'égard des musulmans
racisme   hostilité à l'égard des étrangers (de nationalité différtente)
sexisme   discrimination liée à des "types physiques" différents (couleur, forme...) 
antisémitisme   hostilité à l'égard des juifs
homophobie   extermination entière d'une population

 

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Balles tragiques à Charlie Hebdo

7 Janvier 2015, 18:05pm

Publié par histege

Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo
Balles tragiques à Charlie Hebdo

BALLES TRAGIQUES A CHARLIE HEBDO

(Paris, France)

 

Aujourd'hui, 7 janvier 2015, trois hommes, masqués et munis d'armes de guerre, sont entrés dans les locaux du journal satirique français Charlie Hebdo, à Paris, et ont exécuté 12 personnes, blessé 8 autres, dont 4 grièvement. Des dessinateurs célèbres, dont Charb, Wolinski, Tignous, Cabu, connu pour son humanité et son humilité, un économiste antilibéral, Bernard Maris, défenseur des pauvres et des opprimés, des immigrés et des musulmans, et d'autres moins célèbres font partie des victimes.

 

C'est le droit à la vie qu'on assassine,

C'est l'être humain qu'on assassine,

C'est la liberté de penser qu'on assassine,

 

Est horrible ce qui se passe en Irak,

Est horrible ce qui se passe en Syrie,

Est horrible ce qui se passe en Afghanistan,

Est horrible ce qui se passe en Libye,

Est horrible ce qui se passe au Mali,

Est horrible ce qui se passe en Palestine et en Israël,

Est horrible ce qui se passe en Tchétchénie,

Est horrible ce qui se passe en Ukraine,

Est horrible ce qui se passe au Pakistan,

Est horrible ce qui se passe au Yémen,

Est horrible ce qui se passe en Egypte,

Est horrible ce qui se passe au Nigéria,

Est horrible ce qui se passe au Soudan et au Darfour,

Est horrible ce qui se passe en Somalie,

Est horrible ce qui se passe en Centrafrique,

Est horrible ce qui se passe au Congo,

Est horrible ce qui se passe en Chine, au Tibet et dans le pays Ouïgour,

Est horrible ce qui se passe au Cachemire, au Pakistan et en Inde,

Est horrible ce qui se passe en Colombie,

Est horrible ce qui se passe en Tunisie,

Est horrible ce qui se passe en Algérie,

Est horrible ce qui se passe en Turquie,

Est horrible ce qui se passe aux Etats-Unis, notamment sur territoire cubain à Guantanamo,

Est horrible ce qui se passe en de nombreux autres points de la planète.

 

Nul n'a le droit d'attenter à la vie d'autrui, pour quelque raison que ce soit. Seule une défense légitime peut être discutée et mise en place.

 

Aucun être humain n'a le droit d'invoquer une figure transcendante ou humaine, un texte sacré, un texte politique pour décréter la mort d'autrui.

 

Aucun être humain n'a le droit de mettre en avant des questions de morphologie (prétendues "races"), de sexe, de nationalité, d'identité, de culture ou de "civilisation"... pour décréter la mort d'autrui.

 

Le seul interdit valable, pour l'espèce humaine, vise à la préservation de l'être humain, des autres espèces vivantes et de la nature.

 

Le sursaut des consciences, de toutes les hommes de bonne volonté, sans aucune distinction, est nécessaire et salutaire.

 

Agir est une absolue nécessité.

 

Nous sommes condamnés à défendre la liberté, la dignité, l'intégrité physique et psychique de tous les êtres humains.

 

Ce sursaut sera toujours nécessaire et salutaire. Si on l'oublie, il y aura toujours des hommes vigilants pour le rappeler en bien ou des hommes qui le rendront actuel par la violence qu'ils font subir aux autres.

 

Aziz Sadki

2015/01/07

Mais où est Charlie ? Il est toujours là !

Mais où est Charlie ? Il est toujours là !

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Etude d'un château fort - Castel-Montroy de Bourgeon - 5e - 2010

14 Novembre 2014, 10:23am

Publié par histege

CASTEL-MONTROY

 

Étude faite à partir d’images de bandes dessinées tirées de François BOURGEON, Les Compagnons du Crépuscule, vol. 3 : Le Dernier Chant des Malaterre, Casterman, 1990.

 

Image 1 

 

Château - vue d'ensemble p 103 château - vue d'ensemble, p. 103

 

1.     Sur quel site naturel est bâti le château fort ? Quels sont les avantages militaires d’un tel site ?

2.     Par quoi la ville, au premier plan, est-elle entourée ?

3.     En observant la position du château, quels avantages politiques et militaires a-t-il par rapport à la ville ?

4.     Avec quel matériau est construit le château ?

5.     Quels sont les éléments d’architecture reconnaissables dans le château ?

 

Image 2

Château - vue arrière p 40

château - vue arrière, p. 40

 

6.     En t’aidant de ton livre page 40, indique quels autres éléments d’architecture peut-on reconnaître sur cette image.

 

Image 3

 Château -barbacane p 100 château - barbacarne, p. 100

 

7.     Qu’est-ce qu’un hourd ? Quels sont les deux matériaux utilisés pour sa construction ?

8.     À ton avis, quel est le matériau le plus anciennement employé ? Quel est le plus récent ?

9.     Qu’est-ce qu’une barbacane ? À quoi sert-elle ?

 

Image 4

Château - système défensif p 73

château - système défensif, p. 73

 

10. Décrit le système par lequel on pénètre dans le château.

 

Image 5

Gibet - barbacane p 69

gibet - barbacane, p. 69

 

11. Pourquoi les corbeaux tournent-ils dans les airs ?

12. Comment appelle-t-on ce que croisent les voyageurs qui empruntent le chemin d’accès au château ? À quoi sert-il ?

13. Qui décide de cela et pourquoi expose-t-on ainsi ?

 

Image 6

Salle seigneuriale p 112

château - salle seigneuriale, p. 112

 

14. Comment appelle-t-on la grande salle du château ?

15. Comment est-elle décorée (plafond, sol…) ?

16. Comment est-elle chauffée et éclairée ?

17. Où se trouve la table de la châtelaine (femme seigneur) ?

18. Qui fait le service ?

19. Par qui la salle est-elle gardée ?

20. Comment appelle-t-on cette cérémonie (tu peux t’aider du document 3 page 41 de ton livre) ?

21. D’après les costumes, quelles sont les catégories sociales invitées ?

 

BILAN

Rédige une ou deux phrases simples pour montrer que le château est difficile à attaquer et une phrase pour indiquer les deux activités principales qui se déroulent dans la grande salle.

 

 

 

Attention : toutes les images sont la propriété de François Bourgeon, dessinateur et scénariste né en 1954 et de son éditeur Casterman. Elles ne sont utilisées ici que dans un but pédagogique.

 

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La violence de masse lors de la Première Guerre Mondiale

13 Novembre 2014, 15:07pm

Publié par histege

LA VIOLENCE DE MASSE

LORS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

 

proposition de correction : sujet de paragraphe argumenté, 3e

 

La Première Guerre Mondiale, 1914-1918, est marquée par la violence de masse, qui touche avant tout les soldats, mais n’épargne pas les civils.

 

La violence de masse se caractérise par la mort au combat de soldats en très grand nombre et par des massacres de civils. Elle s’explique parce qu’il s’agit d’une guerre totale, qui mobilise tous les moyens et toutes les catégories de la population. Le nationalisme et l’impérialisme travaillent fortement les esprits, décuplant le degré de cette violence. Les États, surarmés, prennent le contrôle de l’économie et de la société et les orientent exclusivement pour la guerre. Les plus grandes puissances industrielles sont engagées : la grande guerre industrielle est marquée par la production d’armements en masse. La recherche scientifique et les innovations technologiques s’accélèrent et rendent les armes massivement meurtrières : l’artillerie vient en premier et emploie des centaines de millions d’obus. De nouvelles armes font leur apparition, comme les avions, les tanks, les sous-marins, les lance-flammes ou les gaz (début de la guerre chimique), portant partout la guerre (terre, air, mer).

 

C’est pour cette raison que la violence de masse concerne avant tout les soldats. Des millions de soldats sont mobilisés, des nationaux et des coloniaux. Les guerres de mouvement, quoique plus courtes, sont aussi meurtrières que la longue guerre de position. Les généraux utilisent les hommes sans compter, croyant bénéficier de réserves inépuisables. Les fronts ne progressent plus et les armées s’enterrent dans des tranchées. Les combats sont quotidiens, marqués par le pilonnage intensif par l’artillerie, les assauts répétés et l’usage des gaz. Des batailles gigantesques ne débouchent le plus souvent sur aucun résultat militaire. Ainsi est-il de Tannenberg, d’Ypres, des Dardanelles, de Verdun, de la Somme, du Chemin des Dames, de Caporetto etc. Verdun totalise plus 300 000 soldats tués et plus de 400 000 blessés rien que pour 1916. La même année, la Somme est encore plus meurtrière. Le soldat vit l’enfer dans des paysages lunaires. La brutalisation des formes de la guerre fait qu’il devient une « machine à tuer » et que la mort est son seul horizon. La surmortalité est effroyable : le « poilu » devient une « chair à canon ». Les disparus, les blessés, les mutilés et les « gueules cassées » se comptent par dizaines de millions.

 

Si les civils sont moins touchés, ils ne sont pas épargnés par les effets de la guerre, à l’arrière. Dans les zones de combats, les morts sont nombreux, par suite des combats eux-mêmes, des destructions, de la pénurie, des persécutions et des massacres. La guerre atteint une forme extrême dans le cas du génocide des Arméniens, décidé par le gouvernement turc à partir de 1915. L’extermination des Arméniens est systématique et n’épargne ni les hommes, ni les femmes, ni les vieillards, ni les enfants. Nombreux sont ceux qui sont tués lors des arrestations et des rafles. Un grand nombre meurt par suite de déportation, lors des marches forcées et surtout dans les lieux de massacre. Les survivants sont regroupés dans des camps de concentration dans le désert syrien. Une minorité a été épargnée ou a pu s’échapper en passant en Europe et surtout en Russie. On estime à 1.2 million le nombre d’Arméniens tués sur un total de 1.8 million.

 

La Première Guerre Mondiale a fait 10 millions de morts, sans compter les blessés, en grande partie des soldats. Les Arméniens ont été les victimes du premier génocide. La guerre porte en germe les violences futures, avec la montée du fascisme et la Deuxième Guerre Mondiale, qui va s’avérer plus meurtrière, frappant de manière plus massive les civils.

 

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LA SFIO ET LA GUERRE, juillet-août 1914

11 Novembre 2014, 22:37pm

Publié par histege

LA S.F.I.O. ET LA GUERRE

juillet-août 1914

 

INTRODUCTION

1) Bibliographie

* Jean-Jacques BECKER, Victoire et frustrations (1914-1929), Paris, Points-Seuil-Histoire 1990.

* Jean-Jacques BECKER, La France en guerre, 1914-1918, La grande mutation, Bruxelles, Complexe, « Questions au XXe siècle », 1988.

* Jean-Jacques BECKER, Les Français dans la Grande Guerre, Paris, R. Laffont, 1980.

* Jean-Baptiste DUROSELLE, Histoire de la Grande Guerre. La France et les Français, 1914-1920, Paris, Richelieu, 1972.

* Jacques DROZ dir., Histoire générale du socialisme, Paris, P.U.F., t. 2, 1979.

* Jean TOUCHARD, La gauche en France depuis 1900, Paris, Le Seuil, 1977.

* Michel DREYFUS, L'Europe des socialistes, Bruxelles, « Questions au XXe siècle », 1991.

* Alfred ROSMER, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, t.1, Paris, Librairie du Travail, 1936.

2) Présentation des textes

a) Nature

            Tous les deux sont des manifestes : écrits publics et politiques propres à définir une orientation politique ou une doctrine, qui sous-tendent une idée de nouveauté et de tournant.

b) Date

            Les deux textes sont publiés à un mois d'intervalle :

            - 28 juillet 1814.

            - 28 août 1814.

c) Les auteurs

        Les auteurs sont multiples. Mais, ils appartiennent tous au même parti qui a la responsabilité politique des deux textes : la S.F.I.O., Section française de l'Internationale socialiste1, fondée en 1905 par la fusion de plusieurs courants socialistes.

            Le premier émane du bureau politique de la S.F.I.O, le second de toute la S.F.I.O., à savoir le groupe parlementaire, la commission administrative permanente et le conseil d'administration de l'Humanité.

4) Le contexte historique

a) La crise de juillet 1914

            28 juin : attentat de Sarajevo.

          Le premier texte est publié en pleine crise internationale de juillet 1914. Quelques jours auparavant, s'est tenu un congrès socialiste du 14 au 16 juillet, prévu de longue date pour préparer un grand congrès de l'Internationale socialiste pour août 1914 chargé d'étudier les moyens d'empêcher une guerre éventuelle. Le congrès s'achève par le vote d'une m0tion défendue par Jean Jaurès qui appelle en cas de guerre à une grève générale ouvrière, simultanément organisée dans les pays concernés pour imposer aux gouvernements le recours à l'arbitrage. Le 28 juillet, la crise est dans sa phase d'accélération : c'est le jour où l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

b) Les déclarations de guerre et les premières opérations militaires, août 1914

           On est dans la phase de généralisation de la guerre. Le 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 4 août, c'est au tour du Royaume-Uni de déclarer la guerre à l'Allemagne.

      La phase militaire commence peu avant le manifeste de la S.F.I.O. du 28 août. L'offensive française en Lorraine des 19-20 août échoue. Le 20 août, les Allemands occupent Bruxelles. Du 21 au 23 août, Français et Anglais sont défaits dans la bataille des frontières (Ardennes et Charleroi) : les Français sont battus à Charleroi. Sur le front Est, la bataille du Tannenberg entre l'Allemagne et la Russie est engagée le 26 août (elle se termine le 29). Sur le front Ouest, les Allemands progressent vers le Sud et se rapprochent de Paris.

5) Structure des textes

            Le premier texte s'organise ainsi :

            1. une analyse politique des conditions responsables de la crise.

            2. l'affirmation de la position de la S.F.I.O.

            3. demande faite au gouvernement de mener une politique de médiation.

            Le deuxième texte s'ordonne pour sa part :

            1. le parti socialiste autorise deux de ses membres à entrer dans le gouvernement de Défense nationale.

            2. le parti, invoquant Jaurès, se consacre à la défense de la France.

            3. le parti veut défendre l'idée socialiste et y rallier le gouvernement.

7) Le résumé

       Le 28 juillet 1914, la S.F.I.O. manifeste son opposition à une guerre qu'elle croit  pouvoir empêcher. Mais le 28 août, elle s'engage et cherche à justifier l'entrée de socialistes dans l'Union sacrée.

8) La problématique

       Comment expliquer le changement apparemment brutal dans l'attitude de la S.F.I.O. face à la guerre, passant rapidement de l'opposition à l'Union sacrée en l'espace d'un mois, juillet-août 1914 ?

9) Le plan

I. L'opposition à la guerre, juillet 1914.

II. La S.F.I.O. s'engage dans l'Union sacrée.

 

I. L'OPPOSITION À LA GUERRE

1. Une analyse politique toute théorique : la conception socialiste et marxiste

       L'analyse de la tension politique qui risque de mener à la guerre est toute théorique. Elle prend son argumentation dans la conception socialiste et marxiste traditionnelle.

            a. L'explication capitaliste

        Le premier responsable de la guerre est tout désigné : « l'anarchie fondamentale du système social », celle du système capitaliste. L'anarchie est provoquée par la libre concurrence qui entraîne « les compétitions des groupes capitalistes », des groupes issus du processus de compétition capitaliste, qui ont des liens avec leur gouvernement respectif.

            « Les convoitises coloniales » sont dans l'esprit de la S.F.I.O. liées à cette conception et illustrent une mondialisation de la compétition des groupes qui se disputent les pays faibles. Elles ne sont qu'un aspect des « violences de l'impérialisme ».

            b. L'explication impérialiste

          Le mot impérialisme est apparu à la fin du XIXème siècle et dans les premières années du XXème siècle. Si le sens premier du mot vient d'impérial, empire, imperium (le général victorieux romain), il a pris un sens précis en Angleterre, en 1880, avec le mot imperialism. L'impérialisme est la politique suivant laquelle un Etat cherche à étendre sa domination politique ou économique au détriment d'autres Etats.

          C'est un économiste anglais de tendance socialiste, Hobson, qui, l'un des premiers, l'a utilisé (Imperialism, 1902). Puis ce fut le tour de Rudolf Hilferding et de Rosa Luxemburg. L'impérialisme, selon eux et les socialistes, est un phénomène lié à l'évolution du capitalisme moderne. Parvenu à un certain stade de développement et de concentration, il devient expansionniste, par suite de besoin de débouchés.

          Cette évolution dans le domaine économique se reflète sur le plan politique, sur le plan de la conduite des Etats qui mènent une politique extérieure de conquêtes et d'expansion. Les rivalités économiques entre les grands pays capitalistes débouchent sur des tensions politiques. Ainsi, selon Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. »

          Voilà, selon les socialistes, l'explication de la cause qui provoque « depuis 10 ans dans toute l'Europe une tension permanente. »

2. La montée des tensions internationales

            Le premier document fait allusion aux crises internationales qui se sont multipliées depuis 10 ans et illustrent la montée progressive des tensions :

            * la crise marocaine.

            * la crise bosniaque, 1908-09.

            * la 2e crise marocaine, 1911.

            * les conflits balkaniques.

            * la crise de juillet 1914.

3. L'hostilité de la S.F.I.O. à la guerre

            Les socialistes affirment leur hostilité à la guerre : « les prolétariats de tous les pays se lèvent et protestent ». Est fait allusion :

            - à l'hostilité de la IIe Internationale contre la guerre.

            - en France, la S.F.I.O. et la C.G.T. ont organisé des meetings et des manifestations.

            - en Allemagne, le S.P.D. déclare refuser le vote des crédits de guerre.

            Le lendemain, Jaurès prendra la parole à Bruxelles.

            La position des socialistes, ce jour-là, est dans la droite ligne de la politique pacifiste définie au congrès précédent.

            Il n'est pas fait mention de grève révolutionnaire, qui ne peut être que simultanée et qui ne se faire qu'après avoir pris contact avec les autres partis socialistes. Une grève déclenchée unilatéralement en France mettrait celle-ci dans une position de faiblesse et encouragerait une agression ennemie : inverse du résultat recherché.                              

4. Faire pression sur le gouvernement pour qu'il se fasse médiateur

       Une solution négociée apparaît d'autant plus envisageable aux socialistes car elle est « rendue plus facile par l'empressement de la Serbie à accorder une grande partie des demandes de l'Autriche. » Allusion à l'ultimatum préparé en commun par l'Autriche et l'Allemagne et adressé le 23 juillet à la Serbie. Le mouvement ouvrier réagit mollement comme toutes les formations politiques. Les Serbes ont satisfait à un grand nombre des « demandes » autrichiennes. L'ultimatum exigeait la fin des campagnes contre l'Autriche-Hongrie, la révocation des fonctionnaires serbes coupables de menées antiautrichiennes et la dissolution des groupes nationalistes. Mais, Belgrade a repoussé l'article 6 qui lui imposait la participation à l'enquête sur l'attentat de fonctionnaires austro-hongrois.

            La S.F.I.O. pense donc qu'il est possible de négocier. Elle croit encore pouvoir arrêter la guerre. Toutefois, les tentatives faites le 26 juillet par la Grande-Bretagne et la Russie n'eurent pas de résultat.

       La direction nationale croit, avec Jaurès, à la volonté de paix du gouvernement français. On pense que la crise sera longue et le B.S.I. n'a sa réunion prévue que pour le 9 août. La direction n'a qu'une confiance ambiguë dans le gouvernement français. Déclencher une grève générale contre un gouvernement pacifique ne lui paraît pas possible. La suspicion est forte vis-à-vis du mouvement ouvrier allemand : la S.F.I.O. pense qu'il ne fera rien contre son gouvernement.

     La S.F.I.O. souhaite que la France exerce une influence modératrice sur la Russie qui pourrait être, « entraînée à chercher dans la défense des intérêts slaves un prétexte » à la guerre. La Russie, au nom du panslavisme, prétend défendre les intérêts des autres peuples slaves, et notamment la Serbie. Les précédentes crises balkaniques l'ont montré. Elle risque donc d'entrer en conflit par le mécanisme des alliances, si son allié est attaqué.

            La S.F.I.O. s'attribue une attitude analogue à celle du S.P.D. en Allemagne face à son gouvernement. L'Allemagne connaît ses premières grandes manifestations contre la guerre, avec un appel de la direction de la social-démocratie.

 

II. LA S.F.I.O. S'ENGAGE DANS L'UNION SACREE

 

      La S.F.I.O., c'est l'objet du deuxième texte, cherche à justifier l'entrée de socialistes dans le gouvernement Viviani remanié.

1. La guerre juste : la nécessité de la Défense nationale

    Les socialistes français, mais aussi les syndicalistes de la C.G.T., admettent, avec la percée allemande, que la responsabilité de la guerre incombe à l'Allemagne et que la riposte française est celle d'une guerre juste de Défense nationale. D'abord résignée et désolée, l'opinion socialiste devient résolue : les socialistes ont la conviction d'être victimes d'une agression. On s'en prend ainsi à Guillaume II, à l'autocratie et au pangermanisme allemand.

     Ainsi, se justifie le thème de la Défense :

            - la Défense de la patrie : « c'est de l'avenir de la nation, c'est de la vie de la France qu'il s'agit aujourd'hui. » Le nationalisme communard ressurgit, la défense de la patrie en danger, selon un réflexe jacobin, de défense révolutionnaire.

            - la défense de la liberté : c'est ici un réflexe de défense de la liberté menacée, appuyé sur le nationalisme jacobin, dans la ligne de la révolution française.

            - la Défense de la République face à l'autocratie allemande. Là aussi, sursaut jacobin de défense de la République en danger, la république étant devenue le régime de la révolution.

            - la Défense de la civilisation : but plus global, celui de la lutte de la civilisation contre la barbarie. Ici, on fait parler les morts. On invoque la figure de Jaurès, qui dominait encore, peu avant sa mort, la S.F.I.O. et qui prônait un pacifisme internationaliste, cherchant à empêcher la guerre. Le changement de l'attitude politique de la S.F.I.O. est justifié en appelant Jaurès, à la caution : au-delà de la défense de la France, il est un combat plus vaste, en faveur de l'humanisme, « la liberté, la République, la civilisation. »

2. La guerre juste : la rhétorique socialiste

     On ne se bat pas que pour la patrie. Le but révolutionnaire n'est pas écarté. La S.F.I.O. lutte pour une « conviction », « pour que le monde affranchi de l'oppression étouffante de l'impérialisme et des atrocités de la guerre jouisse enfin de la paix dans le respect des droits de tous. »

         * La rhétorique marxiste traditionnelle, avec le slogan « Debout les Damnés de la terre ! », reprend la lutte des classes, entre les dominés et les dominants, entre les prolétaires et les capitalistes.  Mais, il est question plutôt d'oppression, c'est-à-dire de perte de liberté, que d'exploitation.

    * La guerre contre l'impérialisme : une guerre entre les anti-impérialistes et les impérialistes. Ici, dans l'opinion des socialistes, c'est l'Allemagne qui est exclusivement impérialiste, non la France. C'est une rupture en regard de son attitude d'avant-guerre : la guerre impérialiste ne caractérise plus qu'un seul camp : entrer dans la guerre impérialiste pour lutter contre elle ? « Oppression étouffante » : un État réduit un autre à la sujétion ; définition politique : dès lors, l'Allemagne est seule responsable, ayant déclenché la guerre et envahi les régions frontières de la France, la Grande-Bretagne et la France obéissent à un réflexe de défense, notamment de la liberté.

        L'ambiguïté du mot permet de masquer des conceptions normalement inconciliables : les socialistes et les ouvriers peuvent ainsi s'engager dans la défense nationale, sans apparemment renier leur conviction révolutionnaire. Désormais, la classe ouvrière fait partie intégrante de la Nation.

         * La défense de la paix : on retrouve ici le mot d'ordre pacifiste internationaliste opposé à la guerre.

      * Transformer la forme du gouvernement, de l'intérieur : « cette conviction, les ministres socialistes la communiqueront au gouvernement tout entier. Ils en animeront son travail. » La S.F.I.O. se donne un grand but, une tâche difficile, qui sert à masquer aussi sa participation au partage de la responsabilité politique dans la conduite de l'effort de guerre. Elle veut désarmer les contestataires.

3. L'entrée des socialistes dans le gouvernement de Défense nationale

      La S.F.I.O. prend « une décision mûrement pesée » de participer au gouvernement Viviani, remanié. L'Union sacrée se fait au sommet et engage la formation politique et sa direction.

            Cette décision se traduit par l'entrée au gouvernement de deux personnalités socialistes :

            - Jules Guesde : ministre sans portefeuille; il apporte sa caution de doctrinaire intransigeant, lui le petit-fils de Marx, qui a contribué à introduire le marxisme en France.

            - Marcel Sembat : ancien blanquiste, qui a rejoint le CCR en 1895, ministre des Travaux Publics.

            Léon Blum est chef de cabinet.

 

4) Une « décision mûrement réfléchie » ?

            Essai d'explication du retournement rapide de l'attitude de la S.F.I.O.

         Le 29-30 juillet, réunion du BSI : les dirigeants croient la guerre impossible et pensent que la solution à la crise sera pacifique. L'Internationale est bloquée surtout par les socialistes français. Pour eux, le principal responsable c'est l'impérialisme allemand et austro-hongrois, leur prolétariat est coupable de ne pas s'en rendre compte. Ne veulent pas d'une action de paix de l'Internationale par l'entremise des pays neutres. Porte l'échec jusqu'en 1917. La SFIO confère un cachet socialiste et internationaliste aux buts de guerre alliés et finalement partage la responsabilité dans la conduite de la guerre.

            La précipitation des événements :

            31 juillet : assassinat de Jaurès.

       1er août : déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie; la France décrète la mobilisation générale.

         En fait, la décision est rapide et sans débat : le gouvernement Viviani présente ses projets de loi qui sont adoptés unanimement à la Chambre des députés : organiser la défense nationale avec des crédits militaires.

           Le 4 août, au matin : Léon Jouhaux déclare sur la tombe de Jaurès : « Nous serons les soldats de la liberté. »

            Ainsi :

            1er août : mort de l'Internationale.

            4 août : mort de l'internationalisme.

 

 

CONCLUSION

           Les deux manifestes illustrent le renversement complet, à 180°, de l'attitude officielle de la S.F.I.O. face à la guerre, l'espace d'un mois, du 28 juillet au 28 août, montrant la précipitation incroyable des événements.

         La S.F.I.O. ne réussit pas à empêcher la guerre et à échapper au tourbillon. Échec du mouvement socialiste : il n'est pas responsable du conflit, mais n'a pas su l'empêcher. Par la suite, il s'engage dans l'Union sacrée et en partage la responsabilité. La S.F.I.O. décide de s'engager dans l'Union sacrée, à la défense de la France ; une attitude scellée par une participation directe et officielle à un gouvernement de Défense nationale. Les deux ministres socialistes sont bientôt rejoints par un troisième, le 29 octobre 1914, Albert Thomas, sous-secrétaire d’État à l'Artillerie, puis ministre de l'Armement de décembre 1916 à décembre 1917.

           Il s’agit d’une rupture historique : la S.F.I.O. renie dans les faits ses prises de position théoriques socialiste et marxiste d'un avant-guerre, dominé par le mot d'ordre de « guerre à la guerre », appuyé sur l'internationalisme et le combat de chaque parti socialiste contre le gouvernement de son pays. Le mouvement ouvrier s'effondre et est emporté dans la guerre. Il y a une grande disjonction entre les déclarations de principe, théorique et doctrinale, et les faits.

           Mais :

                        - l'historiographie aujourd'hui [années 1990], autour de Jean-Jacques Becker, privilégie le facteur de continuité dans l'attitude politique de la S.F.I.O. et dans l'attitude de la masse des ouvriers. Il n'y a rien de surprenant : les ouvriers sont plus sérieusement mus par le nationalisme que par le socialisme. La direction de la S.F.I.O., elle-même acquise aux mêmes idées, justifie la mobilisation de masse des ouvriers en adoptant une ligne politique qui la suit et évite de briser complètement l'organisation du parti.

             - la S.F.I.O. n'est pas le seul parti européen à s'engager ainsi. C'est toute l'Internationale qui s'effondre et la plupart des partis socialistes européens se résument à la même attitude. Mais le parti qui a opposé une résistance minoritaire la plus forte est le S.P.D. Et la S.F.I.O. va illustrer l'exemple de la « collaboration de classe » la plus avancée de tous les partis socialistes européens.

            Ainsi, le mouvement socialiste se brise sur l'intégration nationale. La nation est plus que plus forte que l'internation. Les frontières géographiques et nationales sont plus fortes que les frontières de classe. Désormais, la S.F.I.O. affiche dans les faits sa propension réformiste, c'est-à-dire de participation à la vie politique nationale, dans le cadre des règles définies, avec l'idée, non plus de briser le régime capitaliste et bourgeois par la voie radicale de la révolution, mais de la réforme intérieure progressive. Mais, la S.F.I.O. ne participera à un gouvernement qu'en 1936.

            Cette évolution générale va susciter un malaise notamment chez les jeunes militants, puis une opposition minoritaire, qui sera grandissante :

            - d'abord au sein de la C.G.T., autour de la Vie Ouvrière (Pierre Monatte et Alfred Rosmer).

            - puis, au sein de la S.F.I.O., à partir de mai 1915, notamment dans la Fédération de la Haute-Vienne, puis autour de Jean Longuet. La S.F.I.O., avec une tendance plus radicale, est partiellement et indirectement engagée à la conférence de Zimmerwald, septembre 1915, qui voit le regroupement d'une opposition socialiste internationale à la guerre, quoiqu'encore très limitée, qui se radicalise à la conférence de Kienthal (1916).

         Sur la pression des pacifistes, dont le poids a augmenté suite à la crise de 1917, la S.F.I.O. se retire du gouvernement en septembre 1917, pour éviter son éclatement. Cette tendance devient majoritaire en juillet 1918 et au congrès du 6 au 9 octobre 1918, elle prend la direction de la S.F.I.O., avec (Ludovic) Oscar-Louis Frossard.

 

Aziz Sadki

 


1 La IIe Internationale, fondée en 1889, à Paris.

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